| Le 12 septembre 2005
C’est le 11 août dernier que les malaises ont débuté
au bloc chirurgical de l’hôpital Nord de Marseille. Le 18
août à la suite de troubles divers (céphalées,
difficultés respiratoires, nausées, vomissements, douleurs
gastriques, asthénie….) d’une vingtaine d’employés
le bloc est fermé pour 4 jours. Un enquête est diligentée
par la direction de l’hôpital. Des travaux commencés
au bloc le 8 août et qui vont durer jusqu’au 19 août
seront incriminés. La direction déclare : « les
désagréments sont générés par la
poussière de la zone en chantier », toutes les hypothèses
de fuite de gaz ou de produits agressif en suspension sont écartés.
Le bloc rouvre donc logiquement le lundi 22 août. Nouveaux malaises
portant à 34 le nombre de personnes malades. Les employés
font valoir leur « droit de retrait » et le bloc est nouveau
fermé le 25 août. Entre temps une cellule de crise a été
activée au niveau de l’hôpital dès le 16 août.
Des recherches très poussées en « aéraulique
» et hydraulique faites en coordination ave les sapeurs pompiers
de Marseille n’ont rien révélé. Heureusement
grâce aux « renifleurs » d’un laboratoire privé
et portés par le personnel la solution semble proche : du toluène
a été détecté. Malheureusement cette piste
ne tiendra pas car le taux de cet hydrocarbure est bien trop faible
pour expliquer les malaises. Dès lors toutes les hypothèses
les plus farfelues fleurissent : les infra-sons dus au mistral, les
ondes électromagnétiques des antennes de télécommunications,
le fameux « sick building syndrome » (200 publications internationales
: www.epa.gov/iaq/pubs/sbs.html
et www.doctorfungus.org
) qui aurait affecté un hôpital new-yorkais lors de sa
construction… L’agence régionale de l’hospitalisation
diligente une étude épidémiologique dont les résultats
ne seront connus que dans plusieurs semaines. En attendant l’inquiétude
croit, les coups de téléphones affluent au standard de
l’hôpital pour donner des hypothèses et des solutions
: le plus souvent il s’agit de marabouts ou de voyantes…
La crise est à son acmé. Les experts tournent en rond,
la cellule de crise se réunit tous les jours pour communiquer
qu’elle ne sait rien.
Très logiquement l’hôpital rouvre le bloc le 5 septembre,
guettant de nouveaux troubles…Pour le moment rien !
Cet épisode est-il si mystérieux ? Probablement pas et
la réponse comme toujours est dans l’étude des antécédents.
Entre 1998 et 2000 le CHU de Nice avait eu ses 644 agents incommodés
dans les mêmes conditions. Certains avaient même été
hospitalisés. La direction de l’époque (très
critiquée) avait parlé d’autosuggestion collective.
Après deux ans d’enquête les ingénieurs avaient
cependant conclu à des problèmes liés au conditionnement
et à la distribution de l’air.
Va-t-il falloir attendre deux ans à Marseille aussi pour savoir
ce qui s’est passé ? S’agit-il d’un nouveau
syndrome hospitalo-méditerranéen ? A moins qu’il
ne s’agisse plus simplement d’une conjonction de facteurs
: travaux, mauvaise ventilation, stress, machines à ozone pour
stériliser l’air, solvants de peintures, produits de nettoyage…
A force de vouloir tout rapporter à des causes environnementales,
n’ oublie-t-on pas le plus simple et le plus proche : une gaine
défectueuse ou un changement de produit d’entretien ?.
Jean-Louis Malvy
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