Défense et Sécurité nationale : la communication de crise se trouve une place de choix.
Le Livre Blanc « Défense et Sécurité nationale », demandé par le Président de la République en tout début de mandat, a été publié en juin 2008. Il dresse la stratégie gouvernementale de protection du territoire, des personnes et des intérêts français. L’information et la communication y trouve une place de choix.
Voici en cinq points synthétiques une lecture des enjeux et perspectives qu’il pose, et leurs impacts en matière de stratégie d’information et de communication de crise au niveau gouvernemental.
1. La menace a changé, la nécessité d’une réponse structurée
Autrefois clairement identifié et localisé, « l’ennemi » est aujourd’hui incernable. La nature des menaces qui pèsent sur la France a considérablement évolué en près d’un demi-siècle, de sorte qu’aujourd’hui, l’absence d’ennemi structurant fait place à des menaces, nombreuses, nouvelles, de nature et d’origine diverses.
Ainsi les nouveaux risques (terrorisme, maladies infectieuses, catastrophes naturelles, rupture technique ou technologique, pollutions…) constituent autant de défis et de zones de vulnérabilité en matière de sécurité civile.
A la différence des crises internationales dans lesquelles l’armée fait face à un « prescripteur » clair et unique en la personne du Chef de l’Etat, qui peut choisir d’engager ou non les forces françaises, les crises de sécurité civile s’imposent à la puissance publique, qui a obligation de les traiter. En outre, elles font intervenir nombre d’intervenants étatiques, autorités nationales et locales, avec le concours d’opérateurs locaux (collectivités, entreprises…). Ces crises ont dans un premier temps engendré des réponses sectorielles fondées sur des approches techniques spécifiques.
Protéiformes, invisibles, multiples, les menaces d’aujourd’hui mobilisent nombre d’intervenants et rendent absolument nécessaire les principes d’unité de pilotage, de cohérence et de coordination accrues, dans la gestion opérationnelle de moyens mis en œuvre forcément complexes. L’efficacité du dispositif et la rapidité du « retour à la normale », dépendent donc d’un pilotage interministériel fort et cohérent.
2. La sécurité, nouvelle donne de la gouvernance des crises
Parce que le monde et ses menaces ont changé, l’Etat opère une mutation stratégique d’appréhension et d’anticipation des crises : de la défense à la sécurité. Au-delà des implications structurelles que cela comporte sur la désignation d’un gestionnaire interministériel référent de la crise, c’est aussi le signe d’une nouvelle hiérarchisation donnée aux grandes fonctions stratégiques, où l’anticipation, la prévention, la protection prennent le pas sur la dissuasion ou l’action distante autrefois fonctions centrales.
Anticiper, se protéger et accroître la capacité de résistance de la société toute entière. Le concept de Résilience fonde aujourd’hui la stratégie de sécurité nationale.
3. La résilience, du concept à la pratique
Accroître la capacité de résistance et de « reprise en main » des individus, des organisations, des pouvoirs publics, au traumatisme d’une crise, c’est faire de chacun une partie prenante, un acteur de la bonne gestion et de résolution de la crise. Cela sous entend, un travail préalable de préparation, de formation, d’information du citoyen, qui doit acquérir une véritable « culture du risque », pour le moment venu être en mesure de mobiliser chacun et d’organiser les moyens de manière optimale.
D’un concept, il faut aujourd’hui faire une réalité. L’information et la communication trouvent ici toute leur légitimité.
4. La communication partie prenante de la gestion de crise
Parce qu’elle permet de construire la confiance, de sensibiliser et d’expliquer en amont, de mobiliser et diffuser les instructions et consignes le moment venu, la communication devient partie intégrante de toute stratégie de sécurité nationale.
Elle est à la fois une donnée stratégique et un moyen de gestion opérationnel.
Une donnée stratégique, parce qu’elle participe de la bonne gouvernance, du devoir de transparence, du droit à l’information, de la nécessité de former, de l’instauration d’une confiance réciproque absolument nécessaire qu’impose la gestion de crise.
Ainsi la communication trouve dorénavant une place systématique dans la planification des crises, concrétisée par des volets dédiés dans les plans d’actions gouvernementaux (plan pandémie grippale, plan canicule…).
Un moyen de gestion opérationnel, avant, pendant et après la crise. Parce que la communication définit les messages et organisent les moyens de les diffuser, tant entre les gestionnaires politiques et publiques, qu’avec les parties prenantes externes (entreprises, collectivités, citoyens…). Le rôle des médias devient ici central. Ils doivent devenir un partenaire naturel de la prévention et de la gestion.
Développer la vigilance, informer des risques et des mesures de prévention, de protection, diffuser rapidement les premiers reflexes autant d’objectifs assigner à la communication pour servir l’objectif de résilience et la capacité d’une prise en charge au niveau individuel d’un dispositif collectif.
5. Quels impacts pour la communication de crise au niveau gouvernemental ?
La diversification des menaces accroît la dimension pluridisciplinaire, multisectorielle de la gestion de crise. Cela implique un effort croissant de coordination, d’organisation, de préparation. Au plan global de la gestion, comme au plan spécifique de la communication.
Le Service d’Information du Gouvernement a intégré depuis plusieurs années cette nouvelle donne de la communication, et la place de la communication interministérielle de crise est officiellement consacrée en 2006 (circulaire du 23 mars), avec la création d’un département de communication de crise, qui travaille en relation avec le Secrétariat général de la Défense nationale (SGDN).
La communication gouvernementale de crise a souffert de longues années d’une faible prise en considération de son rôle stratégique, et d’erreurs de gestion ou de non-communication. Les choses ont changé et la préparation du risque de pandémie grippale aviaire aura notamment permis à la communication gouvernementale d’opérer une véritable mutation, stratégique et opérationnelle.
Le Livre Blanc de la Défense et de la Sécurité nationale ouvre une véritable nouvelle ère, avec un nouveau champ d’action et de responsabilité pour le SIG.
L’enjeu de la reconquête : la prégnance de longues années d’errance
Il y a eu le parfum du scandale ou le déni de responsabilité (sang contaminé…), le mensonge ou la minimisation des faits (Tchernobyl…), plus tard encore les erreurs ou la mauvaise mesure de la situation (canicule) et la communication de crise gouvernementale s’en est évidemment trouvée discréditée et la réputation des autorités mise à mal.
De sorte que nous sommes, aujourd’hui encore, en phase de déficit de confiance dans la parole des autorités et dans l’obligation de devoir faire la preuve de la responsabilité et de la transparence au plus haut niveau de l’état.
Les études d’opinion en témoignent. Lorsqu’on interroge les Français la crédibilité qu’ils accordent à la parole des différentes parties prenantes dans les crises, les autorités en général, le gouvernement en particulier, arrive en bout de course, se disputant les dernières places avec les entreprises, quand le haut du podium revient aux experts, aux scientifiques et aux associations !
Un tournant récent : La communication de crise s’organise et le fait savoir
Les temps ont changé et la communication de crise gouvernementale a su tirer les leçons des erreurs du passé. Une structure dédiée au SIG, des fonctions de communicants de crise qui apparaissent dans les administrations… et des plans d’anticipation des risques qui intègrent aujourd’hui le volet « communication » dans les dispositifs de gestion !
La culture du risque et la communication de crise se déploient et avec elle, les process, les outils et les bonnes pratiques.
On voit d’ailleurs que lorsque l’information et la communication sont intégrées au dispositif d’anticipation, que des messages sont diffusés largement, que la préparation elle-même est médiatisée, que des portes paroles battent le terrain médiatique, la confiance dans la capacité des autorités à faire face à la crise est là. L’exemple du risque de pandémie grippale aviaire est ici particulièrement parlant : la mobilisation des acteurs, la communication active du gouvernement, la préparation… ont payés. La France est l’un des pays les mieux préparé et les Français saluent l’action des autorités sur le sujet.
Une mission devenue stratégique, une dimension opérationnelle à renforcer La tendance amorcée se trouve aujourd’hui confortée par le poids que confère la stratégie de sécurité nationale, au travers du Livre Blanc « Défense », à l’information et à la communication.
Stratégiquement, elle doit concourir à l’objectif central de protection et de sécurisation de la France, des Français et de leurs intérêts.
Professionnalisation, systématisation, la communication y trouve également une nouvelle légitimité fonctionnelle, avant, pendant et après les crises. Une opérationnalité qui, si elle est en cours, doit encore être organisée, optimisée, validée, mieux partagée.
planifier et préparer
o intégration systématique d’un volet information/communication dans les plans de gestion de crise
o préparation des porte-parole
o organisation régulière d’exercices
o diffusion de la culture du risque et de la communication de crise au sein des administrations
optimiser / moderniser les outils de gestion et diffusion
o intégration des nouveaux vecteurs de communication : en amont, pour l’alerte, pendant la gestion et en aval (sms, internet/extranet, plate forme d’appel…)
associer les parties prenantes
o faire des médias un partenaire majeur
o inciter et associer les entreprises et services publics à la préparation
Les conditions de l’efficacité
En matière de communication de crise, pas de recettes miracles. Informer sans inquiéter, rassurer sans minimiser, mobiliser sans susciter de panique, les écueils sont nombreux et les points d’équilibres parfois difficile à trouver.
Mais quelques principes, d’ailleurs dans la droite ligne des principes de gestion de la crise tels que la stratégie de sécurité nationale les prévoient, doivent s’appliquer.
Capacité d’intervention rapide
o Réactivité : les premières heures de la crise sont déterminantes. Il faut être en mesure d’organiser et de parler vite.
o Pro-activité : les gestionnaires de crise sont pilotes des opérations et doivent à se titre assurer la fonction d’information au même titre que les autres. L’information régulière, l’actualisation du message, des consignes… doit être organisé pour ne pas laisser les publics (victimes, observateurs…) sans référent
Unité de gestion
o cohérence et lisibilité du message : l’unité de pilotage opérationnel pour la démultiplication et la coordination des moyens sur le terrain vaut aussi en matière d’information et de communication ; délivrer un même message au niveau local et national, organiser la prise de parole pour éviter les effets de parasitage contre productifs…
Continuité et Permanence
o Temporelle et territoriale : être en mesure d’intervenir à tout moment, en tout point
o Proximité terrain : assurer une présence au cœur de l’événement
S’il fallait proposer un code synthétique, poser une règle simple de conduite à la gestion de crise, gouvernementale ou autre, ce pourrait être la règle du « jeu TEM » : Transparence, Empathie, Mobilisation… en trois mots, trois axes structurants d’une bonne gouvernance, de la phase amont de prévention des risques, à la gestion de crise elle-même.

Mots clés
Mots clés
Votre navigateur n'accepte pas le Javascript ou bien votre Plugin Flash n'est pas à jour (version 7 minimum). C'est dommage, c'est plus joli avec...
Santé
Grippe aviaire Communication Médias Défense Sécurité
Gouvernement opinion image stratégie opinion
cabinet stratégie gestion de crise communication de crise risque
pesticides legionellose environnement épidémie Justice
Technologies précaution SRAS information Dirigeants
Séquestration Grippe H1N1 APPLE Coca
Contact
VAE SOLIS CORPORATE
Adresse : 15, rue Henri Heine - 75016 Paris
Tél. : 01 53 92 80 00
Fax : 01 45 27 61 60
Numéro d’urgence : 06 25 01 43 39
E-mail : contact@vae-solis.com












Mention légales