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Légionellose en hausse


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Source de plusieurs crises sanitaires ces dernières années - en particulier lors de l’épidémie du Pas-de-Calais fin 2003-début 2004 (dite crise Noroxo) – la légionellose a fait l’objet, en France, d’une évolution réglementaire importante qui s’est traduite par un net renforcement des contrôles et de la surveillance. Le contrôle des installations à risque de propagation de la bactérie - tours aéro-réfrigérantes (TAR), systèmes de climatisation et de distribution d’eau chaude - est devenu beaucoup plus strict. Un plan gouvernemental de prévention a même été élaboré avec un objectif très ambitieux : réduire de 50% dans notre pays l’incidence des légionelloses d’ici 2008.


Il était donc intéressant d’avoir les résultats de la dernière campagne de surveillance coordonnée par l’Institut national de veille sanitaire (InVS). Portant sur l’année 2005, elle vient d’être publiée le 27 juin dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) accessible sur Internet.

Premier constant, le nombre de cas de légionellose déclarés est en très nette croissance : 1527 contre 1202 en 2004, soit + 27%. Pour mémoire, depuis 1997, la croissance annuelle moyenne est de 22%. Mais pour les auteurs de l’étude, cette augmentation reflète vraisemblablement une meilleure sensibilité du système de surveillance, sans doute liée en partie à une amélioration des pratiques du diagnostic. De plus, en 2005, ont été déclarés des cas qui n’étaient pas hospitalisés, en particulier lors de l’épidémie de mai dans l’agglomération lyonnaise. Autres signes encourageants : le délai médian de signalement des cas a diminué de un jour et les analyses effectuées par les autorités locales permettent la mise en place de mesures de prévention et de contrôle précoces des sources possibles de contamination. Quant à la proportion de décès parmi les malades, elle a atteint 11% en 2005 contre 14%, mais cette différence n’est pas statistiquement significative.

Cela dit, la légionellose pose toujours de nombreux problèmes. L’identification de la source de contamination reste un processus complexe ; comme pour les années précédentes, le pourcentage des cas pour lesquels une souche a été isolée est toujours inférieur en 2005 à 20%. Les expositions à risque (hôpital, station thermale, maison de retraite, hôtel, piscine, lieu de travail) ? Elles ne représentent que 39% des cas et il est rare de retrouver des résultats positifs de prélèvements au niveau des installations. Quant aux cas groupés, leur investigation demeure également difficile. L’année 2005 a été marquée en particulier par l’épidémie du nord de l’agglomération lyonnaise avec 34 cas survenus entre le 28 avril et le 9 mai. L’enquête environnementale avait permis d’identifier dans la zone 17 sites avec des TAR ; cinq d’entre elles avaient des résultats positifs en Legionella pneumophila, mais en définitive la source de cet épisode n’avait pas pu être identifiée.

A signaler aussi, les résultats concernant les TAR, pour lesquelles le dispositif réglementaire relatif à l’exploitation a été très renforcé en 2004 (circulaire du 24 février 2004). En 2005, les TAR recensées et soumises au régime des installations classées (ICPE) étaient au nombre de 13 500 équipant plus de 7500 installations de refroidissement par dispersion d’eau dans un flux d’air. En tenant compte à la fois des contrôles inopinés et des analyses d’auto-surveillance, 400 installations (5%) ont fait l’objet d’un arrêt et d’une désinfection suite à des concentrations en légionelles supérieures aux normes. Les auteurs soulignent que les mesures préconisées n’ont été effectives qu’au cours de l’année 2005 et donc que leur impact ne pourra être évalué que dans les prochaines années. Ils ajoutent qu’« Il est cependant probable qu’une meilleure identification des sources potentielles de contamination contribuera en partie à une meilleure gestion des phénomènes épidémiques, voire des cas groupés ».

Dernier point à relever dans l’actualité de la légionellose : l’avis récent (22 juin) de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset) de renforcer la surveillance des concentrations de légionelles pour les installations d’EDF. Pour les 28 TAR situées dans 11 centrales nucléaires de production d’électricité, « EDF n’a pas présenté une démarche globale cohérente vis à vis du risque de prolifération et de diffusion des légionelles » selon l’Afsset. Par exemple, les seuils d’intervention sur ces TAR sont actuellement entre 500 et 5000 fois supérieurs aux seuils d’intervention des TAR des ICPE !

Jean-Michel Guillery - 29 juin 2006

Le 29 juin 2006



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