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Crises sanitaires, la communication jugée médiocre


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Pour la deuxième année consécutive, l’enquête de l’Observatoire des risques sanitaires (1), rendue publique début février, montre la forte inquiétude manifestée par la population française vis à vis des risques de crises sanitaires. Une confirmation : le déficit de confiance envers les autorités reste majeur. Mais plus frappant encore, la perception très critique de l’information reçue : elle est jugée non seulement très insuffisante mais encore peu compréhensible et toujours trop tardive.


Faut-il s’en étonner ? Les craintes de crises sanitaires ont encore augmenté entre 2005 et 2006. La plus forte hausse revient, non pas à la grippe aviaire, mais aux crises liées aux accidents industriels (+ 1,13 point pour arriver à un score de 6, 68 points sur une échelle de 10). En hausse également, le risque pandémique mondial (type grippe aviaire ou SRAS), les risques de santé publique, les risques hospitaliers et les risques liés à l’action de l’homme sur l’environnement. Ces derniers occupent d’ailleurs la première place dans l’ordre des préoccupations exprimées avec un score de 7,87 points. C’est dire que les menaces potentielles représentées - pour eux mêmes et pour leurs enfants - par les changements climatiques sont maintenant pleinement présentes à l’esprit de nos concitoyens.

La confiance ? Le moins que l’on puisse dire est qu’elle ne revient pas. A l’exception notable de la gestion de la crise de la grippe aviaire, pour laquelle 73% des sondés (+ 13% par rapport à 2005) estiment que le gouvernement français a fait le nécessaire. Mais ce satisfecit est très isolé. Globalement, c’est la défiance qui domine. Pour leur dire la vérité sur une crise sanitaire, les français n’accordent - en premier - qu’un peu de crédit aux scientifiques et chercheurs (33%) et aux organisations internationales, type OMS (27%). Loin derrière, figurent les associations (16%) et les journalistes (12%). Quant à l’administration et au gouvernement, ils ne sont crédités que de 3% . Et les entreprises ne recueillent qu’1%.

Pour ceux qui s’intéressent à la gestion et à la communication de crise, les données les plus remarquables de cette enquête sont pourtant ailleurs. Ils résident dans les résultats sur la perception de l’information reçue en situation de crise sanitaire. En effet, cette information n’est jugée compréhensible que par 37% des sondés, fiable par 22%, suffisante par 20% et complète par 19%. On pourra dire bien entendu que les français sont, dans ce domaine, d’éternels râleurs perpétuellement insatisfaits. Ce serait oublier ce qu’ils ont constaté avec le Sida, la vache folle, le sang contaminé ; sans oublier le chikungunya, la canicule, l’amiante, Tchernobyl (2). En fait, le trait dominant qui transparaît derrière ces chiffres est assurément le fort besoin d’une réelle transparence. Ce qui rejoint d’ailleurs le sentiment le plus largement partagé (à 94%) par les personnes interrogées dans cette enquête : « face aux risques sanitaires, on ne nous dit pas toute la vérité… »

Le 1er mars 2007



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