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Sras : un retour sous contrôle ?


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Les faits sont têtus, les virus aussi.


Les faits sont têtus, les virus aussi. Ainsi en va t-il du SRAS dont la résurgence, maintes fois annoncée comme inéluctable par les experts, connaît depuis mi-avril en Chine un nouvel épisode sans doute plus préoccupant que les précédents (les quelques cas de décembre et janvier derniers), car il fait bien apparaître la rapidité des conséquences, quand subsiste la moindre carence dans un système de surveillance du risque viral.

L’origine ? L’Institut de virologie de Pékin. C’est là qu’une jeune étudiante-chercheuse de 26 ans, Mlle Song, a été infectée, mi-mars.

Le 22 mars, elle s’est rendue par le train dans sa famille, dans la province de l’Anhui, à 3000 km de Pékin. Le 25, fiévreuse, elle retourne dans la capitale pour y être hospitalisée le 29 à l’hôpital Jiangsong avec un diagnostic de pneumonie.

Son cas attire t-il la méfiance ? Non, le 2 avril elle signe une décharge, sort de l’hôpital et repart à nouveau pour sa province en train. Nouvelle hospitalisation. Le diagnostic de pneumonie atypique sera finalement posé le 23 avril.

Mais dans l’intervalle, Mlle Song aura contaminé son infirmière pékinoise, sa mère (décédée le 19 avril), son père, le parent d’un patient qui avait partagé sa chambre d’hôpital, la tante de l’infirmière, un collègue de l’Institut de virologie… mais aussi – et très certainement, connaissant la virulence de l’agent du SRAS - un certain nombre d’autres personnes durant son périple ferroviaire.

Que faire ? A la veille de la « semaine en or » de vacances du premier mai, marquée en Chine par le déplacement de millions de voyageurs en train et en avion, les autorités, qui jugeaient la situation « sous contrôle », ont placé par précaution un millier de personnes en quarantaine (600 à Pékin et plus de 300 dans la province d’Anhui) ; les contrôles de température électroniques ont été remis en place dans les gares et aéroports ; des recherches débutaient pour retrouver l’ensemble des personnes qui ont fréquenté le laboratoire où travaillait Mlle Song depuis le 20 mars dernier  ; et des vérifications ont été faites dans tous les hôpitaux du pays.

Cela pouvait-il suffire pour dépister très vite l’existence d’autres porteurs de la maladie qui pourraient contaminer à leur tour ? Etait-on à la veille d’une nouvelle crise ? En fait, il était quasi-certain que d’autres contaminations s’étaient produites et trois autres cas suspects étaient d’ailleurs annoncés par Pékin le 28 et le 29 avril, ainsi que le cas d’un touriste Taïwanais de retour de Chine qui avait été placé en quarantaine…

Le mardi 4 mai, le nombre de cas confirmés était passé à 9.

On comprend donc la prudence de certains, tels les autorités des aéroports canadiens qui ont remis en place rapidement une surveillance des passagers en provenance de la Chine (on se souvient que 43 personnes étaient décédées à Toronto l’année dernière).

En France, la Direction Générale de la Santé réactivait le mercredi 28 avril la cellule de gestion interministérielle et les hôpitaux de référence, les centres 15, les Samu et les Ddass étaient mis en alerte. Toute personne présentant de la fièvre (température supérieure à 38 degrés Celsius) et de la toux dans les 10 jours suivant son retour de Pékin ou de la province d’Anhui devait impérativement contacter sans délai le Samu centre 15 pour une prise en charge médicale adaptée. D’autre part, le 30 avril, était mis en place un « dispositif d’information active » des passagers au cours des vols entre Pékin et Paris.

Pour sa part, l’OMS continuait à réaffirmer que le foyer chinois ne constituait « pas encore une menace grave  » pour la santé publique.

Suite de l’histoire le 10 mai : on apprenait que Mlle Song était sortie de l’hôpital depuis quelques jours, complètement rétablie. Mais l’impact de ce retour du SRAS avait été net dans la capitale : 32% de touristes en moins pendant la semaine en or.

Quant à JAL Group, premier transporteur aérien d’Asie, le nouvel épisode avait aggravé encore ses pertes.

D’autre part, bien que « la probabilité qu’il s’agisse du SRAS est très faible » selon la porte-parole du ministère de la santé de l’Ontario, un homme présentant des symptômes respiratoires après un séjour à l’étranger avait été placé en quarantaine, le 10 mai également, dans un hôpital près de Toronto.

Toutefois, aucun autre nouveau cas n’était rapporté en Chine, ce qui a conduit les autorités sanitaires françaises à lever l’alerte le 12 mai et à revenir au niveau de « vigilance simple ». Pour l’OMS (19 mai), «  la chaîne de transmission de l’humain à l’humain semble être rompue ». L’organisation , qui a confirmé que c’est probablement un non-respect des procédures de sécurité dans le laboratoire de virologie de Pékin qui est à l’origine de cette résurgence, en a profité pour rappeler à la vigilance les laboratoires du monde entier qui manipulent le virus de SRAS.

Les toutes dernières nouvelles de Chine, en date du 24 mai, restent rassurantes : toujours pas de nouveau cas rapporté. Les 747 personnes qui avaient eu un contact rapproché avec les cas confirmés ont été libérés de la quarantaine.

Pour en savoir plus :

Site de l’OMS : www.who.int Site du ministère de la santé : www.sante.gouv.fr Site de l’InVs : www.invs.sante.fr

Le 26 juillet 2004



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