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Charles Milhaud sanctionné pour sa communication de crise ?


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La crise ne choisit jamais son moment. Ou si elle le choisit, c’est systématiquement le pire ! Exemple ? Alors que le monde entre officiellement et médiatiquement dans une crise grave, notamment financière, à l’automne 2008, les Caisses d’Epargne annoncent une perte de 600 millions d’euros sur des opérations de trading pour compte propre. Si cette perte ne remet pas en cause la solidité financière de « l’Ecureuil », elle ne peut tomber plus mal. La banque incarne dans l’esprit collectif, la sécurité, la prudence, la confiance. Elle apparaît subitement comme ayant succombé aux charmes de la spéculation et ce, avec l’épargne des Français.


Face à l’inquiétude des Français sur les impacts de cette crise financière, les acteurs politiques ne peuvent pas rester sans réagir. Plusieurs initiatives sont prises, mais il faut aussi prendre des mesures emblématiques et symboliques. Le chef de l’Etat exige et obtient la tête de Charles Milhaud, le président du directoire des Caisses d’Epargne, un homme incontournable depuis 1999, et de deux personnes de son entourage, notamment Nicolas Mérindol.

La désignation d’un « bouc-émissaire » est classique. Cela ne change rien sur le fond, mais sur la forme la décision vise à rassurer l’opinion. En la circonstance, les petits épargnants, qui sont déjà inquiets de la situation actuelle, ne peuvent qu’apprécier cette réactivité – visible et médiatisée – de l’exécutif.

D’autres banques ont perdu des sommes équivalentes ou même largement supérieures dans les mêmes conditions et à la même époque. Alors pourquoi les dirigeants des Caisses d’Epargne « sautent » ? La réponse est certainement complexe, mais une piste nous paraît devoir être explorée minutieusement : l’absence d’alliés au sein de l’exécutif (c’est le travail nécessaire d’anticipation et de valorisation institutionnelle) et une communication de crise totalement défaillante (par absence à la compréhension des mécanismes de formation de l’opinion publique et de la prise de décision publique).

Le 15 novembre 2008



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