BILLET D'HUMEUR
Sras, canicule : sommes nous vraiment meilleurs que les chinois ?
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Lors de l’épidémie de SRAS
l’alerte a été donnée par l’OMS le
12 mars en ces termes : « l’OMS recommande que les patients
porteurs d’une pneumonie atypique qui pourrait être liée
aux cas repérés, fassent l’objet de mesures sanitaires
d’isolement et que chaque cas suspect soit rapporté aux
autorités de santé nationales. » Rien de spécifique, aucune information
adaptée, n’a été réalisé pour
les entreprises alors que celles-ci sont les premières concernées
– en particulier celles qui ont des filiales ou qui commercent
avec l’Asie. La sur-médiatisation aidant, l’épidémie de SRAS qui, rappelons le, n’a touché que 8400 personnes et fait seulement 916 morts dans le monde est devenue une crise internationale. En revanche, aujourd’hui la vague de
chaleur qui nous frappe et vient de faire plus de 10000 morts en France,
pour exceptionnelle qu’elle soit n’est pas de nature radicalement
nouvelle. On sait depuis longtemps traiter un coup de chaleur ! D’où
la polémique. Comme le rappelle le 19 août le Docteur Jean-Marie Vetel, président du syndicat national de gérontologie clinique : « Jean-François Mattéi semble avoir oublié que son gouvernement a gelé les 103 millions d’euros qui devaient permettre aux maisons de retraite de se doter en personnel soignant en 2003 … Les maisons de retraite qui ont bien souvent moins d’un agent pour 5 patients n’avaient pas les effectifs suffisants pour éviter les transferts vers l’hôpital des patients les plus fragiles ». Quant aux hôpitaux, le dévouement des équipes, le système D et les initiatives individuelles doivent être reconnus et salués. Est-il pour autant concevable qu’on fasse en France au mois d’août une médecine de catastrophe au seul motif qu’il fait trop chaud ?…. Faire sauter un fusible à la tête de la Direction Générale de la Santé peut-il être une façon de résoudre le problème de fond de l’insuffisance de nos systèmes d’alerte ? Manque d’anticipation et de système d’alerte, lourdeur administrative, réticence des responsables à prendre en urgence des décisions qui pourraient ensuite leur être reprochées, crainte de déclencher une panique …. Tous ces facteurs participent sans doute de l’impuissance relative de nos autorités à prendre à temps les mesures nécessaires à gérer l’urgence face à des situations, certes inhabituelles, parfois sans précédent. Un pays qui se vante d’avoir le meilleur système de protection sociale du monde se devrait d’y faire face d’autant que c’est un des rôles fondamentaux de l’INVS et de la DGS d’alerter, d’anticiper et d’organiser la santé publique. Un vrai retour d’expérience – faut-il aller jusqu’à une enquête parlementaire ? - assorti d’une vraie politique de prévention et d’un système d’alerte permettant de repérer à temps les signaux faibles annonciateurs d’une crise n’est pas réservé aux seules entreprises privées qui toutes se forment à anticiper et gérer des crises même très imprévisibles. Notre billet d'humeur précédent
: SRAS : Syndrome Ridicule d’Affolement
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